(Au-delà du désert – vue de Massada)
Traduction simple :
L’action de l’esprit de sainteté absorbé en Terre d’Israël est permanente, même s’il arrive que l’homme sorte de la Terre d’Israël par erreur, ou pour quelque raison de force majeure. En effet, même la prophétie, lorsqu’elle s’est manifestée en Terre d’Israël, ne cesse pas en–dehors d’Israël : “ ‘La parole de Dieu être/fut adressée à Ézéchiel… au pays des Chaldéens…’ [Ézéchiel 1, 3] – [le mot] ‘être’ [est ajouté] parce qu’elle [la prophétie] lui a déjà été [adressée]” [Moëd Katan 25a]. Le flux de sainteté, amorcé en Terre d’Israël, recueille toutes les émergences de sainteté qui se trouvent hors de la Terre d’Israël, à toutes les profondeurs, et les rapproche par sa force d’attraction.
Quand l’air ambiant hors de la Terre d’Israël devient de plus en plus insupportable, quand on ressent de plus en plus l’esprit d’impureté d’une terre impure, c’est le signe d’une intégration plus profonde la sainteté de la Terre d’Israël, [le signe] que la Bonté suprême n’abandonnera pas l’homme qui a mérité de trouver refuge à l’ombre pure de la Terre de vie, même dans son éloignement et dans son errance, même dans son exil et sur la terre de ses pérégrinations.
L’étrangeté qu’on ressent hors de la Terre d’Israël resserre le lien de toute aspiration spirituelle intérieure à la Terre d’Israël et à sa sainteté. L’attente de la voir se fait plus pressante, et l’empreinte du moule de sainteté de cette terre que les yeux de l’Éternel fixent constamment, du début de l’année à la fin de l’année, s’approfondit de plus en plus.
Et la profonde et sainte ferveur pour l’amour pour Sion, du souvenir de la terre à laquelle tous les trésors sont liés, quand elle se renforce dans une âme, même individuelle, a l’effet d’une source jaillissante sur toute la collectivité, sur les myriades d’âmes qui lui sont rattachées. Le son du Chofar du rassemblement des exilés retentit, une grande miséricorde se renforce, et un espoir de vie scintille pour Israël. Le rameau de l’Éternel devient forissant, et une lumière de salut et de délivrance rayonne et se propage comme l’aube se déploie au-dessus des montagnes.
Commentaire du Rav Aviner :
Dans le chapitre précédent, le Rav écrit que la Terre d’Israël – et particulièrement Jérusalem, la “Vallée de la Vision” [Isaïe 22, 1] – rend possible l’intégration de l’esprit de sainteté et de la prophétie par l’action de l’air du pays sur l’ensemble des facultés humaines, à savoir l’intellect, la sensibilité, l’imagination et la volonté*. Et par-dessus elles toutes, la Terre d’Israël répand sur l’homme l’esprit de sainteté et la prophétie. Car du fait que la Terre et le Peuple d’Israël ne forment qu’une seule entité*, nous ne sommes complets qu’en Terre d’Israël, et nous sommes alors capables d’assimiler les dévoilements de sainteté qui s’y produisent.
L’action de l’esprit de sainteté absorbé en Terre d’Israël est permanente, même s’il arrive que l’homme sorte de la Terre d’Israël, mais seulement s’il en est sorti par erreur, s’il croyait se trouver encore en Terre d’Israël alors qu’il en était sorti, ou pour quelque raison de force majeure, dans un cas où la Halakha permet de sortir*. Un homme qui est sorti de la Terre d’Israël par erreur ou par contrainte continue malgré tout d’être habité par l’esprit de sainteté, et en voici la preuve : en effet, même la prophétie, lorsqu’elle s’est déjà manifestée en Terre d’Israël, ne cesse pas en–dehors d’Israël, comme il est dit à propos du prophète Ézéchiel : “‘La parole de Dieu être/fut adressée à Ézéchiel… au pays des Chaldéens’ [Ézéchiel 1, 3] − [le mot] ‘être’ [est ajouté] parce qu’elle [la prophétie] lui a déjà été [adressée]❞ [Moëd Katan 25a]. Ézéchiel a pu prophétiser hors de la Terre d’Israël parce qu’il avait déjà mérité de recevoir la prophétie en Terre d’Israël. Ainsi, “l’esprit de sainteté ne s’écarte pas de ceux qui en sont dignes, dans toutes les générations” [Michpat Cohen p. 176].
Mais ceci pose un problème : comment l’influence de l’esprit de sainteté est-elle possible hors de la Terre d’Israël, alors que la terre et l’air y sont impurs ?! – C’est que le flux de sainteté amorcé en Terre d’Israël, non seulement se poursuit à l’extérieur, mais recueille toutes les émergences de sainteté qui se trouvent hors de la Terre d’Israël, à toutes les profondeurs, et les rapproche par sa force d’attraction. Au fond de l’impureté de l’exil, il existe des étincelles de sainteté (sans lesquelles l’impureté tomberait sans aucune possibilité d’exister)*. L’homme qui a développé son aptitude à l’étude, à la recherche, à la compréhension et à la réflexion, et qui a mérité de recevoir l’esprit de sainteté en Terre d’Israël, est capable de se mesurer au phénomène de l’impureté qui règne hors de la Terre d’Israël. Il est même capable de se rattacher aux étincelles de sainteté qui s’y trouvent, et de séparer ainsi le saint du profane.
Quand l’air ambiant hors de la Terre d’Israël devient de plus en plus insupportable, quand on ressent de plus en plus l’esprit d’impureté d’une terre impure, c’est le signe d’une intégration plus profonde de la sainteté de la Terre d’Israël – dans toute la mesure où l’homme ressent du dégoût et du mépris pour l’exil*, c’est signe qu’il est capable d’assimiler profondément l’esprit de sainteté de la Terre d’Israël, car la répulsion pour l’air de l’exil va de pair avec l’aptitude à intégrer ‘l’air de la Terre d’Israël’ [Baba Batra 158b]. [le signe] que la Bonté suprême n’abandonnera pas l’homme qui a mérité de trouver refuge à l’ombre pure de la Terre de vie, celui qui a mérité d’être en Terre d’Israël et de respirer son air, et qui a ensuite été obligé d’en sortir, même dans son éloignement et dans son errance, même dan s son exil et sur la terre de ses pérégrinations. Un homme qui a mérité d’habiter en Terre d’Israël et d’assimiler sa sainteté, s’il sort du pays par erreur ou par contrainte, continuera d’être guidé pour recueillir les émergences de sainteté disséminées parmi les peuples. Et ceci se manifestera par une répulsion profonde pour l’exil.
L’étrangeté qu’on ressent hors de la Terre d’Israël – un Juif hors d’Israël doit se sentir étranger !* – resserre le lien de toute aspiration spirituelle intérieure à la Terre d’Israël et à sa sainteté. Jusqu’à présent, le Rav a dit qu’un Juif qui a habité en Terre d’Israël, et qui a mérité d’y recevoir l’esprit de sainteté, continue d’être guidé par lui, même s’il est sorti de la Terre d’Israël contre son gré. Mais qu’en est-il de celui qui n’a jamais pu venir en Terre d’Israël ? Pourra-t-il lui aussi accéder à l’esprit de sainteté ? Le Rav répond positivement : par le sentiment d’étrangeté et le dégoût qu’il ressent en exil, le Juif peut mériter d’accéder à l’esprit de sainteté, même s’il est en–dehors de la Terre d’Israël !
L’attente de la voir – celle dont parle la Guemara de Ketoubot [75a] à propos du verset : “Et de Sion on dira : celui-ci et celui-là y sont nés [Psaumes 87, 5]”. La Guemara pose la question : “Tous les hommes sont–ils nés à Sion ?!”, et elle répond qu’il s’agit en réalité de “celui qui y est né et celui qui est dans l’attente de la voir”, lorsqu’il se trouve physiquement hors d’Israël, mais que son âme est en Terre d’Israël. L’attente de voir la Terre d’Israël se fait plus pressante chez cet homme, car la sensation d’étrangeté de l’exil va de pair avec l’attente de voir la Terre d’Israël, et l‘empreinte du moule de sainteté − l’essence de la sainteté − de cette terre, que les yeux de l’Éternel fixent constamment, du début de l’année à la fin de l’année, s’approfondit de plus en plus. De plus en plus, l’homme qui est tout entier dans l’attente de voir la Terre d’Israël comprend, se représente, saisit, ressent et vit la Terre d’Israël*.
Et la profonde et sainte ferveur pour l’amour de Sion, “terre chérie” [Jérémie 3, 19 ; Psaumes 106, 24 ; Zacharie 7, 14], inhérent du souvenir de la terre à laquelle tous les trésors sont liés– il s’agit de l’air de la Terre d’Israël qui “rend intelligent” [Baba Batra 158b], des dévoilements de l’esprit de sainteté et de la prophétie qui s’y manifestent, des Mitsvot liées à la Terre, de la souveraineté, de la prêtrise, du Sanctuaire…, tous ces “trésors” qui ne peuvent exister qu’en Terre d’Israël – quand elle se renforce dans une âme, même individuelle, a l’effet d’une source jaillissante sur toute la collectivité*, car de cet individu jaillissent des pensées ‘israéliennes’ qui retentissent sur la nation entière, et dans toute la mesure où cette âme unique se détourne de l’exil et désire ardemment la Terre d’Israël, elle a une influence sur les myriades d’âmes qui lui sont rattachées*.
Le son du chofar du rassemblement des exilés retentit, une grande miséricorde se renforce, et un espoir de vie scintille pour Israël. Le rameau de l’Éternel devient florissant, et une lumière de salut et de délivrance rayonne et se propage comme l’aube se déploie au-dessus des montagnes. Tel est le processus de la Délivrance, qui vient de manière naturelle, ‘peu à peu’ [Talmud de Jérusalem, Berakhot 4, 2]*. Cela commence par un sentiment de répulsion vis-à-vis de l’exil, et se continue par le désir ardent de la Terre d’Israël. Ainsi se produit un mouvement de retour du peuple vers sa Terre, de ces individus isolés jaillit un flot vivifiant sur toute la collectivité, jusqu’à ce que le Pays d’Israël finisse par se construise.
