Kodech / saint ; hol / profane ; tamé / impur ; tahor / pur.

1. L’unité de la Création

Il y a un seul Créateur, c’est pourquoi la réalité est une, comme son Créateur est un.  Et pourtant nous distinguons plusieurs catégories de réel : il y a le saint, il y a le profane, et il y a l’impur. Il est important de comprendre que ces trois

catégories ne correspondent pas à des réalités de nature différente, mais à un même type de réalité perçu de manière variable par l’âme humaine selon ses capacités : aux “yeux de l’âme”, le Saint est transparent au dévoilement divin, alors que le profane n’y est que translucide, et que l’impur y est carrément opaque. De là, et de là seulement, viennent les différents types de rapports entre l’homme et ces catégories de réalité.

Ainsi par exemple, lorsque nous disons, dans la bénédiction de la havdala à la sortie du Chabbat “baroukh hamavdil bein kodech léhol”, nous marquons la limite qui nous est prescrite entre un temps saint et un temps profane, non pas pour séparer deux réalités de nature différente, mais pour distinguer deux moments de transparence différente à notre perception du divin, auxquels correspondent par conséquent des règles différentes de notre comportement.

2. Les catégories .pratiques

On voit donc que le mot hol est très mal traduit en français par le mot profane, dans lequel il y a une idée de profanation. Or hol n’a en hébreu aucune connotation de profanation, ce mot dérive de la racine houl, qui exprime l’idée de l’application d’une chose sur une autre. Le hol est donc le support matériel qui véhicule le Divin de manière “ordinaire”, et il représente la quasi-totalité de ce monde.

De même, si le Divin était absent de l’impur, celui-ci n’existerait pas, puisque rien n’existe que par le Divin. Simplement, nous ne pouvons pas le percevoir.

Le kodech constitue une petit minorité d’élite de créatures remplies de dévoilement divin. Si on veut les compter, il y a ‘am hakodech, le “peuple de Dieu” ; erets hakodech, la “terre de Dieu” ; lachon hakodech, le “langage de Dieu” ; aron hakodech“l’armoire de Dieu”, le Tabernacle ; le “beit hamikdach”, le Sanctuaire ; chabbat kodech, le dévoilement de la Divinité dans le temps… Le kodech fait apparaître le dévoilement divin de manière optimale dans toutes les dimensions : dans la dimension de l’homme c’est le peuple d’Israël, dans la dimension géographique c’est la terre d’Israël, dans la dimension de la connaissance c’est la Thora d’Israël, etc.

Le ‘tahor’ [pur] est l’opposé du ‘tame’ [impur]. Le tahor permet la transparence totale au dévoilement divin, alors que le tame s’y oppose complètement.

3. Voir la citation du Rav Léon Askénazi sur la notion de sainteté