5. L’imagination en Israël et dans le monde


(Vitraux de Marc Chagall, synagogue de l’hôpital Hadassa à ‘Ein Karem, Jérusalem)

Traduction simple :


L’imagination d’Érets-Israël est limpide et claire, propre et pure, apte à la révélation de la vérité divine, à l’habillage du désir élevé et transcendant, tendant idéalement à la haute sainteté ; prête à expliquer la prophétie et ses lumières, à faire briller l’esprit divin de tous ses feux.

Et l’imagination dans les pays des peuples est trouble, mêlée de ténèbres, obscurcie par l’impureté et la pollution. Elle ne pourra donc gravir les hauteurs de la sainteté, ni servir de base au déploiement de la lumière divine, qui s’élève au-dessus de toute la bassesse des mondes, et de leurs limitations .

Puisque l’intellect et l’imagination sont imbriqués l’un dans l’autre et qu’ils agissent l’un sur l’autre, même l’intellect, quand il est en-dehors d’Érets-Israël, ne peut briller de la lumière qui est la sienne en Érets-Israël.

‘L’air du pays d’Israël rend intelligent’    [Baba Batra 158b].


TEXTE HÉBREU ORIGINAL


Traduction avec commentaires :

Les quatre ressources principales de l’homme sont : l’intelligence, la sensibilité, le désir et l’imagination. Alors que trois d’entre elles – la sensibilité, le désir et l’imagination – existent aussi chez les animaux, l’intelligence ne se trouve que chez l’homme. C’est sa force principale, aussi appelée ‘image divine’ **, et elle marque de son sceau toutes les fonctions humaines **. À l’opposé, l’imagination est celle des quatre forces qui se situe le plus bas **.

L’imagination d’Érets-Israël est limpide et claire, propre et pure, parce que l’air de la terre d’Israël est ‘limpide et clair, propre et pur’. L’imagination n’y est ni confuse ni déformée, elle est apte à la révélation de la vérité divine, par l’inspiration divine et la prophétie, qui exigent de l’homme une faculté imaginative ‘au comble de la perfection’ [Rambam, Guide des Égarés 2, 36]. Alors, l’imagination de la terre d’Israël est un outil de la vérité divine et un moyen de son dévoilement.

De plus, elle est apte à l’habillage du désir élevé et transcendant, tendant idéalement à la haute sainteté. Il y a des idées d’un niveau si élevé que l’intellect humain est incapable de les saisir, parce qu’elles sont trop abstraites. On a donc besoin de les revêtir d’habits, c’est-à-dire de métaphores et d’interprétations. Cette tâche incombe à ‘l’imagination de la terre d’Israël’ qui, étant ‘limpide et claire, propre et pure’, sert de vêtement à tous ces hauts objectifs et volontés sublimes.

Ainsi, cette imagination est prête à expliquer la prophétie et ses lumières. En effet, au moment où la parole de Dieu arrivait au prophète, son intellect n’était pas capable de saisir à lui seul l’essence d’une idée si élevée et si sublime, au point que le prophète “entend les paroles divines en contemplant la vision du Tout-Puissant, il tombe et ses yeux sont ouverts”   [Nombres 24, 4]. C’est pourquoi il devait s’aider de la force de l’imagination : “J’ai parlé au-dessus des prophètes et mon Essence a multiplié la vision, et par les prophètes Je forme des allégories”   [Osée 12, 11].

Cette faculté imaginative [donnée par la terre d’Israël] est également prête à faire briller l’esprit divin de tous ses feux ∗∗ – les divers aspects et variantes du Rouah Hakodech ∗∗.

Et puisque dans la réalité la vie matérielle et spirituelle hors d’Israël sont impures, puisque la terre y est impure et que l’air y est impur ∗∗, l’imagination dans les pays des peuples est trouble et confuse, mêlée de ténèbres, obscurcie par l’impureté et la pollution. Elle ne pourra donc gravir les hauteurs de la sainteté, ni servir de base au déploiement de la lumière divine, qui s’élève au-dessus de toute la bassesse des mondes, et de leurs limitations. Dans ce monde-ci il y a beaucoup d’étroitesse, qui résulte dans une vision des choses étriquée et rétrécie, myope, superficielle et confuse, et l’imagination en-dehors d’Israël est incapable de passer au-dessus de tout cela pour s’élancer vers l’absolu éternel et authentique.

Puisque l’intellect et l’imagination sont imbriqués l’un dans l’autre et qu’ils agissent l’un sur l’autre, même si la raison est capable de purifier l’imagination, elle est aussi exposée à ses influences, et elle peut se laisser égarer par elle. C’est pourquoi, puisque l’homme est une entité unique, il va de soi que lorsque l’imagination est détraquée, la raison l’est aussi . Et puisque l’imagination en-dehors d’Israël n’est pas propre, même l’intellect, quand il est en-dehors d’Érets-Israël, ne peut briller de la lumière qui est la sienne en Érets-Israël, car c’est seulement au pays d’Israël, dont l’air est pur, que nous devenons un peuple normal, avec des problèmes normaux, et que notre imagination comme notre intellect deviennent normaux eux aussi :

L’air du pays d’Israël rend intelligent” ∗∗ [Baba Batra 158, 2].


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