4. Les retombées de la faute du veau d’or


(Manifestation pro-BDS à Paris)


Traduction :

S’il n’y avait pas eu la faute du veau d’or, les nations qui habitaient la Terre d’Israël auraient fait la paix avec Israël et elles l’auraient reconnu, car le Nom de l’Éternel, par lequel [Israël] est appelé, aurait éveillé en elles une crainte révérencielle. Aucun plan guerrier n’aurait été appliqué, et l’influence [spirituelle] serait passée par les chemins de la paix, comme aux jours du Messie.

Seule la faute entraîna que la chose fut retardée pour des milliers d’années. Toutes les causes historiques s’articulent ensemble pour amener la lumière divine dans le monde. La faute du veau d’or sera complètement effacée, et de ce fait tous ceux qui verront [les Bnei Israël] reconnaîtront en eux la lignée que l’Éternel a bénie. Le monde sera réparé par la voie de la paix et les sentiments d’amour, la grâce divine sera ressentie dans tous les cœurs, elle réjouira l’esprit et délectera l’âme, et en eux tous vivra l’Âme de Tout Vivant.


TEXTE HÉBREU ORIGINAL


Commentaire du Rav Aviner :

Comme nous l’avons déjà dit, l’idéal n’est pas la guerre, mais “l’influence [spirituelle] par les chemins de la paix”. Alors que dans les problèmes pratiques il est possible d’obtenir des résultats par la force, pour ce qui touche à la spiritualité, à la morale et à l’éducation on ne peut y parvenir que par le dialogue, l’explication et l’étude.

Notre rapport à la Terre d’Israël ne vient pas au départ de la politique, mais de la valeur spirituelle du peuple d’Israël, de la valeur de la Terre d’Israël, et de la compréhension du lien entre le peuple et sa terre. Celui-ci ne découle pas de considérations politiques, économiques, historiques, militaires ou autres, mais c’est un lien spirituel.

Dans ce paragraphe, le Rav nous enseigne que si nous étions arrivés en Terre d’Israël dans toute la mesure de notre hauteur, ceints de notre grandeur, de notre force et de notre valeur divine, tels que nous sommes en vérité, alors les nations nous auraient reconnus et nous auraient accueillis avec un grand respect.

S’il n’y avait pas eu la faute du veau d’or, les nations qui habitaient la Terre d’Israël auraient fait la paix avec Israël et l’auraient reconnu.

Qu’y avait-il de si spécial dans la faute du veau d’or ?

Nous sommes un grand peuple : “Et Je ferai de toi un grand peuple” [Genèse 12, 2], quand la grandeur se mesure à ce qui fait de l’homme un homme, c’est-à-dire à l’image divine qui est en lui : plus son image divine se dévoile, plus l’homme reconnaît sa source et plus il y est attaché, plus il est ‘grand’. Un ‘grand peuple’ est un peuple qui est attaché au Maître du monde, et qui a un rapport authentique avec Lui.

Il en découle que la faute du veau d’or est une des fautes les plus graves, c’est l’égarement le plus terrible ! Elle a mis à nu notre coupure d’avec le Saint-Béni-Soit-Il, et par là-même elle a révélé la faiblesse spirituelle du peuple d’Israël dans son rapport avec le Maître du monde. Quelques jours auparavant, nous avions tous atteint la prophétie, nous avions entendu le Saint-Béni-Soit-Il nous parler au Mont Sinaï. Mais pendant que Moché était monté dans les hauteurs pour nous apporter la Thora, la catastrophe se produisit : “Misérable est la mariée qui se prostitue sous sa houppa !” [Chabbat 88b].

Le résultat de cette terrible faute est que nous souffrons jusqu’à ce jour. Dans toutes les générations, le peuple d’Israël souffre de faiblesse spirituelle à cause de la terrible crise qui eut lieu alors. Et comme l’ont interprété nos Sages : “‘Au jour du Jugement, Je leur demanderai compte de ce péché’ [Exode 32, 34] – Rabbi Itzhak dit : il n’y a aucun de tous malheurs qui frappent le monde qui ne tienne pour un vingt-quatrième de litre [= pour un peu] du premier veau” [Sanhédrin 102a].

De ce fait, nous arrivâmes en Terre d’Israël faibles et amoindris, c’est pourquoi s’il n’y avait pas eu la faute du veau d’or, les nations habitant la Terre d’Israël auraient fait la paix avec Israël, et l’auraient reconnu, elles auraient même remercié le peuple d’Israël d’être enfin revenu sur sa terre, pour sauver maintenant le monde entier, et elles auraient également concédé au peuple d’Israël que la Terre d’Israël lui appartient, car le Nom de l’Éternel, par lequel [Israël] est appelé, aurait éveillé chez elles une crainte révérencielle. Il n’y aurait pas eu besoin d’une crainte de bas niveau, d’une crainte du châtiment, “que nous les fassions se tenir tranquilles sous la menace des tanks”, pas du tout ! Les nations du monde auraient reconnu les capacités particulières que nous avons, et d’elles-mêmes elles nous auraient respectés, elles nous auraient traités avec respect et admiration.

Si nous avions réussi à entrer en Terre d’Israël de cette manière, aucun plan guerrier n’aurait été appliqué, et l’influence [spirituelle] – de la justice et de la morale – serait passée par les chemins de la paix, comme aux jours du Messie. Aux jours du Messie, les nations du monde verront combien notre royauté est puissante, quel grand roi se tient à notre tête, quel peuple moral nous sommes, et de ce fait toutes se rendront à nous, comme ce fut le cas à l’époque du Roi Salomon.

Seule la faute entraîna que la chose fut retardée – c’est-à-dire que cette situation, où les nations du monde acceptent de plein gré le fait que la Terre d’Israël appartient au peuple d’Israël, fut retardée – pour de milliers d’années. Toutes les causes historiques – toutes les situations, tous les phénomènes, toutes les guerres, toutes les ascensions et toutes les chutes – s’articulent ensemble pour amener la lumière divine dans le monde, que nous le comprenions ou que nous ne le comprenions pas. La faute du veau d’or sera complètement effacée, peu à peu le peuple d’Israël revient sur sa terre, il revient à la normale et à la santé, et la grande techouva d’Israël constitue la base de la techouva du monde entier, et de ce fait, tous ceux qui verront [les Bnei Israël] reconnaîtront en eux la lignée que l’Éternel a bénie. Le monde entier reconnaîtra clairement que ce peuple est la lignée bénie par Dieu : “Et par toi seront bénies toutes les familles de la terre” [Genèse 12, 3].

Le monde sera réparé, non par la force, mais par la voie de la paix et par les sentiments d’amour. Le monde entier sera impressionné par ce que nous sommes, le monde entier reconnaîtra notre grandeur, le monde entier s’inclinera devant nous, non pas au niveau du corps, mais au niveau de l’esprit, c’est-à-dire qu’il nous reconnaîtra et saura qui nous sommes : la grâce divine sera ressentie dans tous les cœurs – chaque homme ressentira la grâce divine, elle réjouira l’esprit et délectera l’âme, et en eux tous vivra l’Âme de Tout Vivant. Tous les esprits se réjouiront, toutes les âmes se délecteront et reviendront à la vie, et l’humanité entière invoquera le Nom de l’Éternel dans un langage clair.


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