2. Réflexions sur les guerres de nos pères


(Monnaie d’un demi shekel de l’époque de la Grande Révolte de Bar Kochba)


Traduction simple :

Nous regardons les premières générations dont on parle dans la Thora, dans les Prophètes et dans les Hagiographes, ces générations qui étaient occupées à faire la guerre : ce sont eux, à qui nous nous rattachons dans l’affection et la grandeur de sainteté. 

Nous comprenons que l’essentiel est l’étincelle de l’âme : la situation mondiale qui avait cours alors, où la guerre était tellement nécessaire, fit apparaître ces âmes dont le sentiment intérieur était entier. Leur guerre de survie, pour la survie de la nation, était une guerre de l’Éternel au fond de leur conscience. C’étaient des braves, et ils surent, au plus profond des ténèbres, choisir le bien et s’écarter du mal : “Même quand j’irai dans la vallée de la mort, je ne craindrai pas le mal”.

Quand nous les observons, dans tout cet aspect spirituel que nous envions tant, nous envions leur courage, et la force de vie entière et cohérente, stable et solide, qui les habitait. Et à partir de ce grand désir, notre spiritualité se raffermit, notre bravoure se raffine, et ces fortes âmes reviennent vivre en nous comme autrefois.


TEXTE HÉBREU ORIGINAL


Traduction avec commentaire :

La guerre est une quelque chose de négatif, et il est sûr qu’il vaudrait mieux s’en passer pour résoudre les problèmes. Mais par ailleurs la guerre n’est pas une chose immorale par elle-même, une activité méprisable et indigne ! Le combattant ne doit pas avoir le sentiment que quelque chose est atteint dans sa délicatesse et dans sa noblesse, et il ne doit pas se sentir taraudé par le remords, à Dieu ne plaise !

C’est même tout le contraire. Étudions la Bible, étudions ces temps anciens où nous étions un peuple libre sur notre terre, une époque où de nombreuses générations étaient tout le temps occupées à faire la guerre ! Nous regardons les premières générations dont on parle dans la Thora, dans les Prophètes et dans les Hagiographes, ces générations qui étaient occupées à faire la guerre : ce sont eux, les Grands à qui nous nous rattachons dans l’affection et la grandeur de sainteté. Tous les Grands de la Bible étaient des gens de guerre !

Ce sont eux, les Grands, tous des gens de guerre, à qui nous nous rattachons dans l’affection – nous les aimons – et la grandeur de sainteté – nous les vénérons

Mais pourtant, la guerre est une chose laide et pas sympathique, et quant à nous, nous aimons la paix, et nous avons même reçu le Prix Nobel de la Paix ?!?! En fait, la guerre peut être la chose la plus morale du monde, tout dépend de ce qui la motive. Nous comprenons que l’essentiel est l’étincelle de l’âme, la motivation intérieure qui amène l’homme à faire la guerre à son prochain. Il faut savoir si un homme fait la guerre parce qu’il est violent, rempli de pulsions belliqueuses, si c’est cela qui l’amène à libérer son agressivité. Dans un tel cas, la guerre est une action criminelle plus que toute autre, ce n’est pas autre chose que du meurtre au grand jour ! Mais si par contre l’homme fait la guerre pour se défendre, la Thora dit :

“S’il vient pour te tuer, tue-le le premier !”  [Sanhédrin 72a]

“Maudit soit celui qui retient son épée de verser le sang !”  [Jérémie 48, 10]

La situation mondiale qui avait cours alors, où la guerre était tellement nécessaire – à cette époque, les peuples qui habitaient autour de nous étaient assoiffés de sang et épris de guerre, et nous n’avions pas le choix ! Si nous ne leur avions pas fait la guerre, ils nous auraient éliminés, à Dieu ne plaise ! Cette situation mondiale fit apparaître ces âmes, des âmes de combattants forts et braves, dont le sentiment intérieur était entier – pour eux, partir en guerre était une chose intègre, morale, belle et bonne.

Leur guerre de survie, pour l’existence de la nation, leur guerre n’avait pas pour but de conquérir des territoires lointains, de se couvrir de gloire ou de récolter du butin, c’était une guerre dont l’enjeu était la survie ou la disparition de la nation – était une guerre de l’Éternel au fond de leur conscience, ils savaient, dans leur conscience et leur conviction profonde, que la guerre était véritablement pour l’existence de la nation d’Israël, et c’est cela la guerre de l’Éternel, comme le dit Abigaïl à David :

“Car ce sont les guerres de l’Éternel que mon Seigneur guerroie”.  [Samuel I 25, 28]

Voilà ‘l’étincelle de l’âme’ qui brûlait au fond d’eux-mêmes.

C’étaient des braves, ils se battaient avec détermination et acharnement, et ils surent, au plus profond des ténèbres, – pas seulement au Beit Hamidrach, mais aussi au plus fort de la guerre, choisir le bien et s’écarter du mal. Ils firent la guerre, mais ils ne fléchirent pas moralement, ils ne se salirent pas, et ils ne s’embrouillèrent par dans les complications.

“Même quand j’irai dans la vallée de la mort, je ne craindrai pas le mal…”  [Psaumes 23, 4 ; Zohar Berechit 57, 1]

Autrement dit : même dans le combat contre mes ennemis, je ne crains pas de devenir un homme méchant, ni de laisser ma moralité se dégrader.

Quand nous les observons, ces Grands que nous révérons et que nous aimons, dans tout cet aspect spirituel que nous envions tant – nous envions cette grandeur spirituelle, cette pureté et cette sainteté :

“C’est pourquoi je dirais : tout individu d’Israël a le devoir de se demander : ‘Quand mes actions parviendront-elles au niveau des actes de mes pères, Avraham, Itzhak et Yaakov ?’”  [Tana Dvé Éliahou Raba chap.25]

…nous envions leur courage, nous aspirons à retrouver le courage et l’héroïsme qu’avaient nos pères, car tout en étant des gens à l’âme raffinée, ils étaient aussi braves et impétueux dans leurs guerres. Nous envions la force de vie entière et cohérente, stable et solide, qui les habitait. Et à partir de ce grand désir, notre spiritualité se raffermit, notre bravoure se raffine, notre courage se raffine et se purifie (contrairement à ce qui se passe dans les nations du monde, où la bravoure est grossière). Nous étudions les faits et gestes de ces héros de la Bible, nous admirons leur manière d’être, et nous nous rattachons à eux. À partir de là, la délicatesse de notre esprit se renforce, notre courage se raffine, et ces fortes âmes reviennent vivre en nous comme autrefois – ce qui fait revenir en nous le courage de la guerre.


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