4. Droiture de la pensée en Israël et dans le monde


(Dans la Vieille Ville de Jérusalem)


Rav Kook, Orot I.4 :

Il est impossible à un homme d’Israël qui se trouve hors d’Israël de livrer en toute confiance à ses pensées et à ses réflexions, à ses idées et à sa créativité, comme il peut le faire en terre d’Israël. Les manifestations du Divin, à quelque niveau qu’elles soient, sont plus claires en Israël, toutes proportions gardées, alors qu’au-dehors elles sont amalgamées à quantités de scories et de rebuts. Cependant, dans toute la mesure de la motivation de l’homme, et de son attachement à la terre d’Israël, ses intentions se purifient sous l’effet de l’air du pays d’Israël, qui enveloppe quiconque vit dans l’attente de le voir.

“Réjouissez-vous avec Jérusalem, et jubilez en elle, tous ses amants !” [Isaïe 66, 10 ; Ta’anit 30b]


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La terre d’Israël n’est pas seulement un lieu géographique, mais elle est reliée par des fibres profondes au peuple d’Israël. Comme il est écrit dans le premier chapitre, le peuple d’Israël et la terre d’Israël forment une entité essentielleIl est donc impossible à un homme d’Israël qui se trouve hors d’Israël de se livrer en toute confiance à ses pensées et à ses réflexions, à ses idées et à sa créativité, comme il peut le faire en terre d’Israël. C’est seulement en terre d’Israël que toutes ses pensées, ses réflexions, ses intentions et les produits de son imagination sont fidèles au caractère profond d’Israël, alors qu’à l’extérieur ils s’embrouillent et se dénaturent, ce qui fait dire à la Guemara :

“Babyloniens stupides, vous proférez des enseignements obscurs parce que vous habitez une terre d’obscurité /91 !” [Pessahim 34b]

Les manifestations du Divin – c’est-à-dire les manifestations de l’inspiration divine et de la prophétie /92, qui sont d’un niveau bien plus élevé que les pensées, les réflexions, les intentions et les imaginations dont on vient de parler – à quelque niveau qu’elles soient /93, sont plus claires en Israël, toutes proportions gardées /95, alors qu’en-dehors elles sont amalgamées à quantités de scories et de rebuts /94.

Et que dire alors de toute la Thora grandiose qui a été écrite en-dehors d’Israël ? Du Talmud de Babylone, des Richonim et des A’haronim ? Tout ces écrits sont-ils eux aussi pleins de scories et de rebuts ? Pourtant, beaucoup d’entre eux et des meilleurs sont le produit de l’inspiration divine, et même le livre d’Ézéchiel est composé entièrement de prophéties accumulées alors qu’il était en exil !

C’est pourquoi le Rav poursuit : cependant, dans toute la mesure de la motivation de l’homme et de son attachement à la terre d’Israël, ses intentions se purifient sous l’effet de l’air du pays d’Israël, qui enveloppe quiconque vit dans l’attente de le voir.

Dans le livre des Psaumes il est écrit : “Et de Sion il sera dit : ‘cet homme et cet homme y sont nés’” [Psaumes 87, 5]. Tous les hommes sont-ils nés à Sion ?!  La Guemara explique : “L’un y est né, et l’autre est dans l’attente de la voir” [Ketoubot 75a]. Bien que son corps soit en-dehors d’Israël, son âme se trouve en terre d’Israël /37 : “Réjouissez-vous avec Jérusalem, et jubilez en elle, tous ses amants ! /99” [Isaïe 66, 10 ; Ta’anit 30b].

C’est ainsi que la nostalgie du peuple d’Israël pour sa terre, et son désir profond d’y revenir et de chérir son sol, crée un lien qui le lie, si l’on peut dire, comme s’il y habitait /100, bien qu’il soit encore physiquement à l’extérieur, dans un pays étranger.