4.2. Être fier qu’un Juif est fils de roi

Le Juif a deux ennemis, l’un extérieur et l’autre intérieur. L’ennemi de l’extérieur, ce sont les nations qui en veulent à sa chair et à son sang, et l’ennemi intérieur veut lui enlever le respect de lui-même et lui faire oublier qu’il est formé à l’image de Dieu. On ne se contente pas de le tailler en pièces et de le tuer, mais encore pire, on veut lui faire oublier qu’il est fils de roi.

“C’est pourquoi les grandes souffrances (que Dieu nous en préserve !), outre le mal qu’elles sont en elles-mêmes, sont aussi un mal parce qu’elles font tomber l’homme, et qu’il perd le sentiment de sa dignité. C’est pourquoi il faut rassembler ses forces dans les malheurs, être comme un fils de roi fait prisonnier qui, bien qu’il soit frappé, est un fils de roi qu’on frappe” – et reste dans sa fierté royale.

Bien que l’orgueil soit un défaut très grave, et que le Saint-Béni-Soit-Il et l’orgueil ne puissent pas cohabiter ensemble, il n’est nullement souhaitable que l’homme se sente vide et méprisable – ceci n’est pas l’humilité ! Car celui qui se sent méprisable et vide se conduit en conséquence, et il agit de manière vile. Mais l’homme juif doit au contraire se sentir Israël, fervent serviteur de Dieu. Ce sentiment lui aussi est une étincelle, une lumière et une inspiration venue d’en-haut et qui le pénètre. Bien qu’il soit abaissé à ses propres yeux, et qu’il ne perde jamais de vue ses défauts, il se sent profondément Israël et fervent, “Son cœur s’éleva dans les voies de l’Éternel” [Chroniques II 17, 6]. Il ne s’agit pas une fierté personnelle, mais d’une fierté d’être juif, d’avoir en soi une inspiration divine, et cette fierté-là, ses ennemis ne pourront jamais la lui enlever.

[Yitro 5702/ 1942, p.158]


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