2.5 Un peuple de croyants


La foi [émouna] est l’inclination intérieure de notre peuple, même si dans les faits il y a des gens d’Israël qui ne croient pas. D’après la célèbre formule du Rav Kook notre maître, “Le plus grand incroyant dans le peuple d’Israël est davantage croyant que le plus grand croyant parmi les goyim [Maamaré Haraya, fin du chapitre “Yessod Harabanout Harachit”].

Mais la question se pose : que veut dire cette belle phrase pratiquement ? C’est un fait qu’il y a des Juifs qui ne sont pas croyants ! En réalité, ils ne croient pas parce qu’ils ne mettent pas en œuvre l’aptitude à la émouna qui est en  eux. À quoi la chose ressemble-t-elle ? À un musicien chevronné qui affirme qu’un certain enfant a des dons  musicaux remarquables. Mais il ne sait même pas jouer du flageolet ? C’est vrai, mais ce n’est qu’un détail. Il a des dispositions exceptionnelles pour la musique. Cette aptitude ne se voit pas parce que cet enfant est paresseux. Il faut le réveiller, mais le fait que ses capacités ne se réalisent pas en pratique ne veut pas dire qu’elles n’existent pas. D’un autre côté, n’importe qui ne peut pas devenir musicien. C’est un don inné. Si l’on naît avec il peut se révéler, sinon aucun cours de musique ne pourra rien y faire, on ne peut pas développer quelque chose qui n’existe pas.

Eh bien nous aussi, nous sommes comme cela. L’aptitude à la foi est implantée en nous. Nous sommes un peuple de croyants, même si en pratique tous ne sont pas croyants. Cela ne veut pas dire que la foi n’existe pas chez les goyim, mais la foi dans toute sa puissance et sa grandeur n’existe que chez nous.


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