4.3. La vie d’un peuple


La question qui se pose est : pourquoi faut-il nécessairement être un peuple pour être utile à l’humanité ? Dans un peuple, il y a des gens de niveaux très différents. Comme y fait allusion un ancien notarikon : le mot tsibour [le ‘public’] est formé des initiales de tsadikim’ [‘justes’], beinonim’ [‘moyens’] et rechaïm’ [‘méchants’] [au nom du Ari zal]. Dans toute société se trouvent ces trois catégories de personnes, c’est impossible autrement. Par contre il est possible que les méchants d’une société donnée soient considérés comme des justes dans une autre. Tout est relatif. De toute façon les différences existent. Par exemple, il n’y a pas de peuple sans voleurs. Au début du yichouv à Tel Aviv, on laissait les portes ouvertes, car on ne craignait pas les voleurs. Et il arriva un jour qu’on arrêta un voleur. C’était l’événement ‘historique’, le premier voleur dans la ville hébreue ! C’était une chose anormale, un voleur à Tel Aviv ! Par la suite, de notre temps, il y eut de nouveaux ‘développements’ dans ce domaine…

Devant la dégradation de la situation, il y a des gens qui disent : “Qu’est-ce que c’est que cet état ? Il y a des voleurs, des assassins… Nous avions rêvé d’un état différent !” – C’est de la naïveté. Existe-t-il un peuple sans voleurs ? Il convient de préciser qu’il y a moins de voleurs dans l’état d’Israël que dans la plupart des pays du monde, sauf que bien sûr cela ne nous console pas. Mais que pensions-nous ? Qu’il n’y aurait pas de criminels dans notre pays ? C’était évident qu’il y en aurait, et c’est évident que nous devons lutter de toutes nos forces pour éliminer cette plaie. Mais il y en aura encore. La Thora nous ordonne même de construire en Terre d’Israël de villes-refuges pour les assassins involontaires. Pour le peuple saint, dans la terre de sainteté, des refuges pour les assassins ?! – Oui.

[Certes, il s’agit seulement d’assassins involontaires, mais il faut se rappeler que le fauteur involontaire n’a pas le statut de contraint et forcé, libéré de sa responsabilité. Le fauteur involontaire est un homme qui certes ne l’a pas fait exprès, mais qui aurait pu faire attention et empêcher ce qui s’est passé, et il endosse donc une responsabilité. Par exemple, celui qui coupe du bois en forêt sans avoir vérifié que la hache était bien fixée au manche, ou celui qui conduit en excès de vitesse et qui provoque un accident mortel. Bien qu’ils n’aient pas eu l’intention de tuer, ils ont une responsabilité criminelle par manque de prudence.]

Il faut donc reconnaître que dans la réalité de la vie d’un peuple et d’un état, il y a toujours des phénomènes négatifs qui demandent à être corrigés.


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