1. La maladie de la pensée

La terrible maladie de la génération – la génération est malade ! Les gens s’imaginent que le Rav notre maître pensait que sa génération allait bien, et qu’il ne distinguait pas la gravité de la situation. C’est évidemment une erreur. À l’époque du Rav la génération était très malade, et le Rav en parle très souvent. Mais il faut diagnostiquer la cause de la maladie de la génération. Quand un médecin se trouve devant une maladie, son défi consiste à localiser sa cause. La Thora nous dit par exemple que si quelqu’un a une tache sur la peau, il ne suffit pas de l’exciser, mais il faut rechercher la cause en profondeur, afin de savoir s’il y a un lien avec la médisance [Rachi, Vayikra 14, 4]. Comment la purifie-t-on ? Pas en disant : “la plaie va bien”, mais il faut comprendre quelle est sa cause et la traiter.

Sur cette question, le Rav notre maître était en désaccord avec les Talmidé Hakhamim de son époque : cette terrible maladie n’est pas centrée dans le cœur, ni dans la sensibilité, ni dans les désirs immoraux et le laisser-aller, ni dans les mains spoliatrices, ni dans les pieds empressés vers le mal, – est-ce qu’on ne voit pas des désirs immoraux dans la génération ? et du laisser-aller ? Évidemment cela existe ! – bien que de tout cela ils soient malades, et qu’ils en souffrent. Mais le fond de la maladie est dans le cerveau – le siège de la pensée. La génération a une certaine vision du monde, et c’est cela qui entraîne tout le reste. Ce n’est pas son penchant au mal qui l’a amenée à cette vision du monde, mais c’est sa vision du monde qui a influé sur ses désirs. Et ses désirs font des vagues en retour et enracinent cette vision du monde corrompue.

Le Rav notre maître dit que le foyer principal de la maladie est dans la pensée, mais elle a bien sûr un certain nombre de foyers qui s’alimentent les uns les autres. Dans toutes les générations, le pôle principal était la pensée chez les individus, toujours ils ont marché hors des sentiers battus, toujours ils ont été authentiques. Mais ce qui est nouveau dans notre génération, c’est que tout le monde s’est mis à penser !