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‘Tou Bichevat’, le nouvel an des arbres – par le Rav Chlomo Aviner

Nos Sages ont édicté l’étonnante directive suivante :

“Si un plant se trouve dans ta main et qu’on t’annonce la venue du Messie, mets tout d’abord ce plant en terre et va ensuite à sa rencontre” [Avot de Rabbi Nathan].

Il ne faudrait assurément pas déduire de cette directive une quelconque supériorité de l’agriculture sur le messianisme. Mais nos Sages ont enseigné qu’il s’agit là de deux phénomènes intrinsèquement liés : la reconstruction de la Terre d’Israël et le désert qui refleurit sont les fondements de l’ère messianique.

Nos Sages, par défiance à l’égard de tout signe messianique susceptible d’entraîner de profondes déceptions et des déchirures sanglantes dans la foi juive, nous mettent en garde avec une vigueur peu commune en disant :

“Que se décomposent les calculateurs de la fin !” [Sanhedrin 97b]

Cette règle comporte cependant une exception, et un signe de la fin est autorisé :

“Il n’y a pas de signe plus clair de la fin que dans le verset : ‘Et vous, montagnes d’Israël, donnez vos branches et portez vos fruits pour mon peuple car ils sont proches de venir’ [Ézéchiel 36, 8][Sanhedrin 98a]

Si, nous dit Rachi, la terre d’Israël donne ses fruits en abondance, il ne peut y avoir de signe plus clair de la fin de l’exil. Et nous sommes dans l’attente que la fin du verset se réalise, à savoir : “…car ils sont proches de venir”. Le lien entre le peuple d’Israël et sa terre est tel que la terre répond en quelque sorte à l’appel du peuple qui revient, en lui permettant d’y vivre dans l’honneur…

Le prophète Ézéchiel nous appelle à saisir l’intériorité des phénomènes, à ne pas considérer le retour du peuple juif à sa terre comme un simple transfert de population, ni à regarder la terre qui refleurit comme un simple phénomène agricole, mais à y voir la décision divine de mettre fin à l’exil, d’amener la résurrection du peuple juif sur sa terre…

Depuis que nous y sommes retournés, il y a plus d’une centaine d’années, le terre d’Israël nous sourit, répond à notre appel. Le désert refleurit, la terre se reconstruit.

Malgré les difficultés de tous ordres auxquelles nous sommes confrontés, le pays présente de tous côtés une vie juive qui ressuscite, profonde consolation, en laquelle nous puisons la force de continuer avec détermination et courage notre participation à ce grand retour.

Nous sommes persuadés que ce début de la fin, qui s’est manifesté par la réapparition des implantations agricoles en Erets Israël que nous fêtons à Tou Bichevat, ce commencement, ce début modeste, ira en s’amplifiant jusqu’à la délivrance complète.

Rav Chlomo Haïm Hacohen Aviner chelita, in ‘Le Souffle de Vie’, Jérusalem 5757/1997. 

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